POLITIQUE

JEAN-PIERRE LIHAU : la fonction publique à l’épreuve d’une transformation en profondeur

Aleck Shako +243 82 33 05 201

Par Aleck Shako +243 82 33 05 201

08 September 2026 • 8 min de lecture

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JEAN-PIERRE LIHAU : la fonction publique à l’épreuve d’une transformation en profondeur

Effectifs, rémunération, organisation administrative et protection sociale : le chantier engagé au ministère de la Fonction publique continue de susciter le débat.

La réforme de l’administration publique congolaise constitue l’un des dossiers les plus sensibles de la transformation de l’État. À la tête de ce secteur, le Vice-Premier Ministre, Ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau Ebua, conduit depuis plusieurs années une série de mesures destinées à modifier les mécanismes de gestion des agents publics et à moderniser le fonctionnement de l’administration.

L’enjeu est considérable. Il s’agit notamment de mieux connaître les effectifs de l’État, d’améliorer leur prise en charge, de rationaliser les dépenses liées à la masse salariale et de mettre progressivement en place une administration adaptée aux exigences actuelles.

L’un des principaux volets de cette politique concerne l’identification des agents publics.

La bancarisation, la mécanisation, le recensement biométrique et les opérations de contrôle des effectifs ont été engagés afin de disposer d’une meilleure maîtrise du personnel de l’État.

La problématique des agents fictifs constitue depuis longtemps un sujet sensible dans la gestion publique congolaise. Les opérations d’identification et de contrôle engagées sous la direction du ministère visent notamment à réduire les irrégularités et à améliorer la fiabilité des données relatives aux agents de l'État.

Cette démarche accompagne également une politique de réorganisation des services à travers l’élaboration de nouveaux cadres organiques et le renouvellement progressif des générations au sein de l’administration.

La réforme administrative ne peut être dissociée des conditions sociales des fonctionnaires.

L’augmentation du salaire de base figure parmi les mesures mises en avant dans le bilan du ministère. À cela s’ajoutent des initiatives relatives à la sécurité sociale, à la retraite et à l’accompagnement des familles des agents publics, notamment à travers la prise en charge des frais funéraires.

Ces mesures répondent à une préoccupation ancienne : améliorer la situation de l’agent public tout en rendant la gestion des ressources humaines de l’État plus structurée.

La maîtrise de la masse salariale constitue parallèlement un autre défi. L’objectif consiste à concilier l’amélioration de la rémunération avec une gestion plus rigoureuse des ressources publiques.

Le bâtiment de la Fonction publique constitue l’un des éléments les plus visibles de cette dynamique.

Après avoir longtemps souffert d’un état de dégradation avancé, l’édifice a été réhabilité. Sa nouvelle apparence est devenue un symbole de la volonté affichée par le ministère de réhabiliter également l’image de l’administration publique.

Cette transformation matérielle accompagne donc un chantier beaucoup plus large portant sur les structures, les ressources humaines et les conditions de travail.

L’ampleur des réformes engagées explique aussi l’attention particulière dont fait l’objet le ministre.

Jean-Pierre Lihau est régulièrement confronté à des critiques et à diverses polémiques, notamment dans l’espace numérique. Certaines publications reprennent d’anciennes séquences ou mettent en cause certaines décisions du ministère.

Dans ce contexte, le débat public oppose deux lectures. Pour les soutiens du ministre, les résistances sont liées à l’importance des changements entrepris. Pour ses détracteurs, les différentes mesures doivent continuer à être examinées avec un regard critique.

Cette confrontation des points de vue est inhérente à toute réforme touchant directement à la gestion de l'État.

Sur le plan politique, Jean-Pierre Lihau inscrit son action dans les orientations du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

La modernisation de l’administration publique, l’amélioration des conditions des agents de l’État et le renforcement de l’efficacité des services publics constituent des éléments importants de la politique de transformation de l'État portée par le Chef de l’État.

Le ministre affiche par ailleurs une fidélité constante aux orientations présidentielles. Cette proximité politique constitue l’une des caractéristiques de son positionnement au sein du gouvernement.

Au-delà des querelles politiques et des controverses qui peuvent entourer son action, la question essentielle demeure celle de la pérennisation des changements engagés.

Réformer la Fonction publique congolaise implique de revoir des pratiques installées depuis plusieurs décennies, de moderniser les outils de gestion et de renforcer la responsabilité au sein des services publics.

Le parcours de Jean-Pierre Lihau à la tête de ce ministère sera donc aussi jugé sur la capacité de ces réformes à produire des effets durables.

Entre réorganisation des effectifs, amélioration de la situation sociale des agents, modernisation des infrastructures et renouvellement de l’administration, le chantier demeure immense. Jean-Pierre Lihau en a fait l’un de ses principaux terrains d’action. L’enjeu, désormais, est de transformer ces initiatives en changements durables au service de l’État et du citoyen.

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